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A première vue, d'abord des marcheurs. Mais
ces sportifs sont presque toujours plus que de simples
coureurs de chemins. Quand bien même d'ailleurs
ils seraient partis pour l'exploit, croyez que le plus
souvent ils arriveront en pèlerins. - Doublons cette
catégorie par un ensemble de 'pèlerins
récidivistes", ils ne sont pas rares, qui se
sont à l'occasion d'un premier pèlerinage,
découvert une vocation de vagabonds et enchaînent
Fatima, La Salette, Medjugorgé et même Jérusalem à pied
!
- Il y a, à l'évidence des "marcheurs
de Dieu" pour lesquels ce périple est une sorte
de retraite itinérante comparable à celle
qu'ils auraient pu faire dans un monastère. Ils
ne sont pas les plus nombreux, mais tout pèlerin
est un peu à la recherche du sacré. - Plus
rares ceux qui suivent un chemin initiatique tel qu'a
pu en parler Louis Charpentier dans son livre "Les
Jacques ou le mystère de Compostelle" (Laffont
- j'ai lu 1971). Cet ouvrage enthousiasmera les
amateurs d'ésotérisme. - Plus réalistes
sont ceux que l'on peut dire artistes dont les appareils
photographiques toujours en éveil fixent pour toujours
les paysages rencontrés, et les fleurs du chemin,
et les merveilles architecturales. Comme il est beau
le portique de Conques !
- Les "Européens" sont
un peu tout cela.. Cependant, souvent venus du nord
lointain, jeunes pour la plupart, ils se font une joie
de découvrir l'Europe sans frontière
qui est à n'en pas douter celle de demain.
- Et il y a les autres, ceux qui ne peuvent réellement pas dire pourquoi
ils sont partis. Ils sont partis parce qu'il le fallait "comme à un
rendez-vous d'amour" C'est le secret que Lanza del Vasto nous révèle
dans son "Pèlerinage aux sources" (Denoël 1943)
Pour conclure, qui rencontre-t-on toujours sur ce chemin ? Eh bien comme
dans les auberges espagnoles, en Castille comme ailleurs, on ne rencontre
que ce
qu'on
y apporte de désir de rencontrer l'autre et aussi de se trouver soi-même. C'est
une belle découverte de se regarder purifié de tous les costumes
que nous imposent la vie d'aujourd'hui et dont nous disions pour commencer
qu'ils sont autant de déguisements joyeusement portés.
Nous ne saurions conclure ce bref regard sur le pèlerinage à Saint-Jacques
sans parler de l'arrivée à Compostelle. A l'évidence,
c'est le chemin par lui-même qui est le plus important de cette aventure,
mais l'arrivée peut en être le bouquet comme dans un feu d'artifice,
la fin du trajet de la fusée s'épanouit en une gerbe de toutes
les lumières quelle contenait tout au long de sa trajectoire. Pour
beaucoup, le moment clef est celui où l'on met sa main sur le portique
de Jessé, à la place même où des millions de mains
ont peu à peu creusé une empreinte on ne peut plus humaine, celle
d'une main.. "J'ai posé mon sac, nous dit un pèlerin,
et je me suis assis dans l'ombre, par terre pour pleurer tout mon soûl. Le
temps alors ne comptait plus, j'étais arrivé.
Comme on
met un drapeau sur le pignon fraîchement achevé d'une maison
en construction, j'ai hissé à Dieu une prière de louange
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